Michael Crothers

Seul le texte prononcé fait foi

Goedemorgen. Bonjour et bienvenue à la Holland Day. J’entretiens un lien tout particulier avec les Pays-Bas puisque la famille de ma femme a émigré au Canada depuis Groningue dans les années 1950. Je vous en parlerai un peu plus à ce sujet un peu plus tard. Je tiens d’abord à remercier le consulat général des Pays-Bas, Linda et l’équipe de Spruce Meadows d’avoir organisé cet événement qui, selon moi, sera des plus intéressants. J’aimerais également souligner que nous nous trouvons sur les territoires ancestraux visés par le Traité no 7.

Shell est présente au Canada depuis 107 ans et compte bien y rester. Après tout, nous sommes l’une des plus importantes sociétés pétrolières et gazières au pays et comptons plus de 4 000 employés. Nous exerçons nos activités dans les secteurs florissants du raffinage et du détail, fabriquons des produits chimiques destinés au marché de l’exportation, augmentons rapidement notre exploitation de schiste dans les régions de Montney, en Colombie-Britannique, et de Duvernay, ici en Alberta, et continuons notre travail acharné afin d’assurer l’avancement du projet LNG Canada de concert avec nos coentrepreneurs – grâce au leadership averti et compétent de leur chef de la direction, Andy Calitz, présent ici aujourd’hui.

Bon nombre de Canadiens ne savent pas que le siège social de Shell se trouve aux Pays-Bas. Par modestie, nous n’avons pas tendance à utiliser l’appellation plus majestueuse qu’est « Royal Dutch Shell ».

Je sais que certains d’entre vous sont venus aujourd’hui avec leurs conjoints ou conjointes. Peut-être avez-vous séparé l’addition de façon équitable lors de votre toute première sortie en amoureux. Quand mon beau-père a quitté les Pays-Bas pour immigrer à Lethbridge, tout comme lorsque mes parents ont quitté l’Irlande pour s’établir à Calgary, je suis persuadé qu’ils ont payé leur passage en entier, et n’ont pas pu s’en remettre à une autre partie pour séparer la moitié des frais.

La facture de la transition énergétique

S’il est courant qu’on sépare la facture équitablement lors d’un repas entre amoureux, il est cependant peu probable que la société décide de faire de même avec la facture de la transition énergétique.

Shell appuie les mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques et ne ménage aucun effort afin de jouer un rôle de premier plan à cet égard. La transition énergétique nécessitera une collaboration sans précédent entre les décideurs politiques, les dirigeants d’entreprises et d’organismes non gouvernementaux et les consommateurs. Même si Shell demande depuis longtemps aux gouvernements de créer des mécanismes de tarification du carbone qui établiraient des coûts considérables sur les émissions de CO2, nous sommes parfaitement conscients que ces gouvernements doivent penser à tout : des secteurs tributaires du commerce aux répercussions des prix de l’énergie sur les Canadiens à faible revenu.

Quand vient le temps de financer des technologies révolutionnaires, il n’est pas toujours possible de répartir équitablement les coûts. Toutefois, le secteur, le gouvernement et la société doivent travailler ensemble. Les technologies émergentes auront besoin d’un soutien à durée limitée jusqu’à ce qu’elles puissent être concurrentielles de façon autonome. En présence de réglementation et de fonds publics d’innovation, les entreprises ont le goût, le désir d’investir dans la commercialisation de technologies.

Pensons notamment au captage et au stockage du carbone. Le projet Quest de Shell à notre installation de Scotford, à l’est d’Edmonton, a été financé par Shell, Chevron et Marathon, avec l’important soutien des gouvernements fédéral et de l’Alberta. Au cours de ses deux premières années d’exploitation, le projet a permis de stocker et de capter de façon sécuritaire deux millions de tonnes de CO2, et ce, plus rapidement que prévu. Cela correspond aux émissions annuelles de plus d’un demi-million de voitures!

Les coûts ont été un obstacle majeur pour la capture du carbone. Toutefois, selon nos estimations, si la construction et l’exploitation du projet Quest s’amorçaient aujourd’hui, les coûts seraient de 30 % moins élevés. Nous partageons les leçons tirées du projet Quest avec les Pays-Bas et d’autres pays afin d’aider à réduire les coûts liés aux technologies dans l’avenir. Et il est essentiel de le faire, car les scientifiques affirment que le moyen le plus rapide de réduire les émissions de carbone est d’éliminer la combustion de charbon et de mettre en œuvre des processus de captage et de stockage du carbone.

Selon le travail mené récemment par le Conference Board du Canada, l’investissement requis pour atteindre les objectifs de réduction des changements climatiques du Canada entre aujourd’hui et 2050 s’établirait au montant vertigineux de 2 à 3 mille milliards de dollars. Il s’agit également d’une occasion en or pour notre pays de mettre en place le bon contexte d’investissement en vue du développement et de la mise en œuvre de différentes solutions à plus grande échelle et, éventuellement, pour le marché de l’exportation.

Éventail d’options

Compte tenu des défis à venir, nous devons avoir un grand éventail d’options à proposer.

En fait, le système énergétique de demain devra reposer sur diverses options. Le « régime énergétique » de Regina sera différent de celui de Rotterdam. Afin d’assurer la compétitivité, la société devrait exiger que ces régimes énergétiques mènent à de réelles réductions des émissions de GES sans que ce soit coûteux pour les consommateurs et le secteur.

Souvent, on nous présente une fausse alternative : choisir les énergies renouvelables OU les hydrocarbures. Or, les deux seront essentiels afin de répondre à la demande au cours des décennies à venir.

Bien que certains secteurs puissent facilement passer à l’électricité à faible émission de carbone, il n’existe toujours pas de solutions de rechange pour les hydrocarbures pouvant fournir l’intensité de chaleur nécessaire pour l’industrie lourde, notamment l’acier, le ciment et de nombreux processus chimiques.

Nous devons absolument mettre au point des stratégies qui tiennent compte des besoins variés des différentes régions du Canada et qui tirent aussi parti des forces uniques de ces dernières afin que nous puissions profiter d’une offre énergétique concurrentielle. Par exemple, nous avons une capacité d’électricité hydroélectrique abondante et à faible coût en Colombie-Britannique et au Québec, une capacité agricole pouvant être transformée en biocarburants dans les Prairies et une production pétrolière et gazière en Alberta qui ne cesse de réduire ses émissions. Nous pouvons compter sur la collaboration avec l’Association canadienne des producteurs pétroliers, et je vois que Tim McMillan, son président, est ici aujourd’hui.

À l’avenir, nous verrons également des techniques de combustion de gaz naturel plus propres qui viendront suppléer aux énergies renouvelables. Shell est optimiste quant à l’avenir du gaz naturel, qui compte pour plus de la moitié de notre production totale et est un élément fondamental de notre stratégie visant à fournir davantage d’énergies propres. Le gaz naturel est abondant, abordable et accessible. Le Canada possède de formidables réserves de gaz naturel, et les coûts de forage ont diminué de moitié en seulement trois ans. Shell travaille fort pour s’assurer que le gaz naturel demeure une solution acceptable pour nos parties prenantes en réduisant la quantité d’eau utilisée, de carbone émis et de terres perturbées.

Mais, nous veillons à ne pas mettre tous nos œufs dans le même panier. Il n’existe pas de source ou de technologie d’énergie miracle qui aidera la société à se décarboniser. Pour réduire les émissions de carbone, il faut plus que des régimes à la mode.

Vous savez peut-être que Shell a créé un secteur des énergies nouvelles, dans lequel nous dépenserons près de 1 milliard de dollars par année d’ici la fin de la décennie. Nous y explorons activement trois principaux domaines de possibilités : nouveaux carburants pour le transport, énergie renouvelable et façons d’utiliser les technologies numériques dans le but de présenter aux clients de nouveaux modèles d’affaires en matière de mobilité et de services énergétiques.

Le secteur des énergies nouvelles peut être vu comme la volonté d’essayer de nouveaux aliments. Lors d’un voyage en Afrique du Sud, nos enfants ont voulu être aventureux et ont goûté à du koudou, à de l’autruche et à du crocodile. L’approche menant au développement de technologies propres est une voie d’expérimentation. C’est formidable de voir les gouvernements encourager la prise de risques grâce aux fonds d’innovation. Les réseaux comme le Clean Resource Innovation Network (CRIN), dont Ginny vous parlera plus tard, nous aident à établir les bons liens entre les entrepreneurs, les sociétés de capital-risque, le gouvernement et les clients.

Par exemple, nous avons annoncé en juin dernier une entente accordant à Shell les droits exclusifs de développement et de licence pour la technologie du biocarburant en Alberta. SBI BioEnergy est une société d’Edmonton détenant un processus breveté qui permet de convertir les huiles végétales en diesel et en carburéacteur. Shell et SBI travaillent ensemble pour démontrer l’efficacité de cette technologie et, si ces efforts aboutissent, la mettre en œuvre dans des applications commerciales.

Nous explorons également activement le potentiel de stations d’hydrogène au Canada. Shell porte un intérêt à l’hydrogène, car il s’agit d’un carburant à émission zéro qui pourrait potentiellement contribuer à décarboniser le secteur du transport. Nos aspirations en la matière pourraient soutenir notre ambition de vendre 20 % de carburants provenant de sources faibles en carbone dans nos établissements de détail d’ici 2025.

Soif d’innovation

Cela m’amène au prochain point : les consommateurs ont soif d’innovation.

Les Canadiens ont un esprit hautement novateur, et nous connaîtrons le succès tant que nous mettrons nos gens et leurs besoins au cœur de nos priorités. Nous ne pouvons pas espérer faire de l’argent si nous n’arrivons pas à comprendre le marché.

Le nombre de véhicules électriques est en hausse au Canada; des données récentes indiquent qu’il y en a plus de 36 000 sur nos routes. De nos jours, les clients peuvent attendre de 30 minutes à plusieurs heures pour recharger leur véhicule. Serait-il possible qu’une route recharge les véhicules électriques qui y roulent? Ce n’est pas une question fantaisiste. Shell travaille avec Pavegen, une société qui développe des dalles de pavage qui convertissent l’énergie en électricité quand les gens y marchent. Nous sommes emballés par le potentiel de cette technologie.

Nous avons aussi développé un système de chargement intelligent qui communique avec le réseau. Les véhicules se rechargent seulement lorsqu’il y a suffisamment d’électricité, prévenant ainsi les pénuries d’électricité localisées qui surviennent quand plusieurs personnes branchent leurs véhicules en même temps, en plus de permettre à nos clients d’économiser.

En ces temps à la fois d’incertitudes et de possibilités, mes collègues et moi avons longuement réfléchi à notre principal objectif. Il s’avère simple, mais puissant : nous voulons fournir davantage de solutions énergétiques propres au Canada et dans le monde.

Shell peut y arriver, et je sais que nos deux pays peuvent relever le défi. Le Canada et les Pays-Bas ont des valeurs similaires en ce qui a trait à la protection de l’environnement. Nos deux pays sont de grands consommateurs d’énergie possédant un secteur énergétique non négligeable et une importante base industrielle, notamment dans les secteurs du raffinage et des produits chimiques. Nous détenons aussi des compétences uniques permettant de tirer profit du développement de solutions à faibles émissions de carbone en raison de notre main-d’œuvre hautement qualifiée du secteur de l’énergie et de nos politiques gouvernementales.

Shell approuve l’Energy Agreement for Sustainable Growth adopté par les Pays-Bas, qui vise à réduire les émissions de CO2 en faisant notamment croître la portion d’énergie renouvelable de 16 % d’ici 2023.

Ici, Shell joue un rôle de plus en plus grand. Nous faisons partie d’un consortium ayant remporté un appel d’offres pour construire une capacité éolienne en mer de 700 MW aux Pays-Bas, qui misera sur nos forces existantes.

Il y a des occasions de collaboration entre nos deux pays en ce qui a trait aux technologies et aux approches politiques afin d’assurer la transition réussie de nos systèmes énergétiques.

Pour résumer, je crois que les changements à notre régime énergétique doivent :

  1. aborder la question du financement de la transition et favoriser la création de partenariats en vue de trouver des solutions concurrentielles et peu coûteuses pour répondre au besoin croissant d’énergie plus propre;
  2. reconnaître le besoin d’une offre plus importante d’options;
  3. alimenter la soif d’innovation énergétique des gens en offrant des options efficaces et abordables.

 

Merci.